Ford Blanquefort : Bordeaux bloque le dernier tiers

Du nouveau sur le dossier de Ford Blanquefort. Cette fois-ci dans le camp des collectivités locales, lesquelles voient d’un très mauvais œil la volonté affichée par le constructeur de cesser d’investir sur le site bordelais alors qu’approche à grand pas la date butoir de fin de l’accord passé entre lui et l’Etat, permettant d’obtenir de bien précieux subsides contre maintien de l’emploi.

Bordeaux Métropole vient ainsi d’indiquer qu’elle ne verserait pas à Ford le dernier tiers de ses aides publiques prévues. Raisons avancées : l’annonce de la fin de la production sur le site de Ford Blanquefort après 2019. Selon le quotidien Sud-Ouest, la somme avoisinerait 680 000 euros.

Pour rappel, le 27 février dernier, Ford a annoncé qu’il n’y aurait plus de production à Blanquefort au-delà de 2019. Le groupe recherche désormais un repreneur pour le site de fabrication de boîtes de vitesse. Une situation qui constitue une réelle menace pour 900 emplois directs.

Dans une motion votée le 23 mars dernier, les conseillers de la métropole bordelaise, à laquelle appartient la commune de Blanquefort, ont dénoncé « l’annonce brutale de Ford et sa décision unilatérale, sans concertation, de cesser d’investir sur le site de Blanquefort ». Ajoutant que cette décision avait « choqué les salariés de l’usine, les partenaires institutionnels, ainsi que l’opinion publique».

Aides de l’Etat

Selon les comptes établis par les syndicats, depuis 2013, Ford aurait reçu un total de 50 millions d’euros de financements publics … en échange de la garantie de maintenir un millier d’emplois sur le site durant cinq ans. Or, l’accord prend fin au mois de mai prochain. Ce qui fait dire à certains élus et syndicats  – tel Alain Juppé, le maire de Bordeaux et président de Bordeaux Métropole – que l’annonce de Ford concernant l’arrêt de ses investissements sur le site est fortement liée au dossier.

Pour rappel, Ford est implanté à Blanquefort depuis 1972. Jusqu’à 4.000 personnes ont été employées sur le site. Reste que les volumes de production n’ont cessé d’y régresser ces dernières années. Après cession et reprise du site, l’accord-cadre de 2013 aura permis d’obtenir un engagement de Ford à maintenir 1.000 emplois, en échange d’aides (collectivités locales, Etat, formation).

(6 commentaires)

  1. Donc en gros, comme avec les frégates ou Ecomouv’, la puissance publique française ne respecte pas les accords qu’elle signe, bonjour la crédibilité du pays après ça.

    Maintenant, venant de la part d’un repris de justice comme Juppé, un fin connaisseur de magouilles financières, il n’y a pas lieu d’être spécialement étonné.

    1. Oui j’étais en train de faire le calcul avant de voir votre réponse. Est-ce bien gérer les finances publiques que d’investir autant pour du si court terme? C’est vrai qu’il fallait faire baisser à n’importe quel prix la courbe du chômage. Mais c’est beaucoup dépenser pour se retrouver au point de départ.

  2. Attention, le calcul ne vaut que si on considère juste l’emploi direct.
    Si on prend les emplois induits, et en plus les retombées de chaque emploi conservé, la facture n’est plus la même.

  3. et pour les paysans producteurs de lait et les emplois indirect ( la fabrication de fromages )
    10 000 euros par paysan ?

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