Le nouvel homme fort des Etats-Unis devrait selon toute probabilité retirer les poursuites fédérales visant à faire reculer les normes de qualité de l’air de l’Etat de Californie. Joe Biden prévoit également d’étendre les incitations à l’achat de véhicules électriques et de construire un réseau de 500 000 unités de bornes recharge pour véhicules électriques d’ici 2030.
Trump et Biden : des positions complétement antinomiques
Dans un rapport publié en octobre, le Center for Automotive Research (CAR) indiquait d’ores et déjà que le démocrate Biden et le président républicain sortant Donald Trump avaient adopté des positions fondamentalement différentes sur les réglementations.
Alors que Trump considérait les textes réglementaires comme des obstacles à la croissance économique, Biden a soutenu quant à lui le recours à l’usage de normes pour atteindre de nouveaux objectifs plus ambitieux, en particulier en ce qui concerne la lutte contre le changement climatique.
Biden en faveur des initiatives pour une énergie dite propre
Biden s’est engagé à rejoindre l’Accord de Paris – traité international visant à réduire le réchauffement climatique – et à adopter des politiques qui ramèneraient les États-Unis à zéro émission nette d’ici 2050.
Il a par ailleurs proposé de dépenser 2 milliards de dollars pour les initiatives d’énergie propre, y compris celles en faveur de la mise en place de normes d’économie de carburant plus contraignantes et l’engagement du gouvernement fédéral à acheter des véhicules zéro émission.
Biden devrait retirer les poursuites fédérales contre la Californie
Le président élu retirera probablement les poursuites fédérales visant à faire reculer les normes de qualité de l’air de la Californie, plus exigeantes que celles définies au niveau national.
Rappelons à cet égard que Donald Trump a mené une bataille sans relâche contre cet Etat jugé à son goût un peu trop en faveur de considérations environnementales. La Californie obligeant ainsi les constructeurs automobiles à réaliser d’importantes dépenses en recherche et développement pour satisfaire aux exigences californiennes. De quoi provoque l’ire de puissants lobbies écoutés de Trump.
Selon les spécialistes US du secteur, il est peu probable que l‘administration Biden poursuive la bataille juridique – aux enjeux majeurs – menés avec les responsables de l’Etat de Californie, sur le pouvoir de l’État de restreindre les émissions d’échappement.
La vente de VE devrait être facilitée
Biden prévoit également d’étendre les incitations à l’achat de véhicules électriques et de construire un réseau de 500 000 unités de recharge de véhicules électriques d’ici 2030.
Le plan d’infrastructure de 1,3 milliard de dollars de Biden détaille les mesures à prendre en vue de réaliser le passage à des émissions nettes de gaz à effet de serre. Il comprend des projets liés au renforcement du réseau électrique et à la construction de réseaux de recharge de VE en plus des routes, des ponts, du rail, de la 5G et du haut débit en zone rurale.
Il prévoit de financer ses dépenses d’infrastructure en annulant certaines des réductions d’impôt de Trump sur les entreprises et les particuliers à revenu élevé.
Application stricte de l’accord États-Unis-Mexique-Canada
Alors que Trump s’est éloigné des valeurs passées du parti républicain concernant le libre-échange, en mettant en œuvre des tarifs douaniers et d’autres mesures protectionnistes dans le but de relocaliser les emplois aux États-Unis, le CAR indique que Biden a soutenu dans le passé la libéralisation du commerce – mais avec des dispositions spéciales en matière du Droit du travail et les normes environnementales.
Biden a déclaré qu’il appliquerait strictement les dispositions de l’accord États-Unis-Mexique-Canada qui est entré en vigueur le 1er juillet. L’administration Biden ne devrait pas apporter de changements importants aux relations contractuelles entre ces différents Etats au cours des quatre prochaines années, affirme le Centre de Recherche pour l’Automobile.
Biden prévoit d’adopter une approche multilatérale pour équilibrer la puissance économique de la Chine
Biden et Trump conviennent tous deux que la Chine prend quelques libertés avec les règles du commerce mondial. Mais alors que Trump a recherché à conclure des accords bilatéraux avec Pékin, Biden prévoit d’adopter une approche multilatérale pour équilibrer la puissance économique de la Chine en appliquant plus vigoureusement les règles commerciales existantes et en soutenant l’Organisation mondiale du commerce.
Soutenir la reprise économique US face à la crise engendrée par le Covid
Le rapport de la CAR, publié avant les élections, avait également indiqué que la principale priorité économique d’une présidence Trump ou Biden devrait être de maîtriser la pandémie de COVID-19 et de soutenir la reprise économique américaine.»
Le rapport a noté différentes approches entre les deux candidats, Trump s’opposant à une aide fédérale importante aux États et aux gouvernements locaux, ce qui a réduit les tentatives récentes d’adopter un projet de loi sur un budget reprise.
Le plan de Biden est plus conforme aux priorités des démocrates du Congrès et comprend un objectif plus large de dépenses globales (y compris une importante aide directe aux États et aux gouvernements locaux) que Trump ne le souhaitait.
Les démocrates conservant le contrôle de la Chambre après les élections du 3 novembre et avec la possibilité de reprendre le contrôle du Sénat en 2021, «de nombreuses priorités de dépenses démocratiques pourraient l’emporter dans le cadre d’un programme d’aide économique au début de 2021», indique le rapport.
Biden veut encourager le made in USA
Le président élu s’est également engagé à encourager le «made in USA» et la relocalisation à travers un crédit d’impôt de 10% pour les entreprises qui créent des emplois aux États-Unis. Biden prévoit également d’annuler plusieurs politiques fiscales de Trump. Objectif affiché : générer des revenus non seulement pour les dépenses d’infrastructure, mais également pour des programmes gouvernementaux plus larges tels que l’éducation et les soins de santé.
Biden relèverait le taux maximal pour les particuliers à 39,6% (contre 37% actuellement) et le taux d’imposition le plus élevé sur les sociétés à 28% (contre 21% actuellement).
75% des hausses d’impôts Biden seraient supportées par ceux qui se situent dans la tranche de revenu supérieure de 1%, selon le rapport de la CAR.
Sources : wardsauto.com
« antinomiques… » pas sur la relocalisation ! 😉
« Biden et Trump conviennent tous deux que la Chine prend quelques libertés avec les règles du commerce mondial. » 😀
« libertés » le mot est faible !
je pense que l’union européenne aussi est d’accord avec ça
Oui, je veux bien @amiral_sub, mais que fait UE pour contrer cela ?
note: historiquement les républicains sont plutôt protectionnistes, ce sont les démocrates qui sont plus libéraux.
oui tant que tous les pays ne jouent pas avec les même règles le protectionnisme est un mal nécessaire.
cela n’empèche pas le commerce international, mais ça permet de rééquilibrer les concurrences déloyales.
Par contre pour les américains ca va être dur, car ils sont quand même tous dopés à l’ultra-consommation, et le travailleur US coute beaucoup plus cher qu’un mexicain ou un chinois
Effectivement, de mémoire, c’est Clinton qui fait rentrer la Chine en 1997 dans l’OMC avec des conditions « améliorés » spécialement pour la Chine (relativement) pauvre à l’époque.
je n’ai pas l’impression que Reagan ou Bush(s) étaient si protectionnistes que ça…
le bilan du protectionnisme de l’administration Reagan dans le domaine automobile: https://www.lesechos.fr/2018/07/comment-les-mesures-protectionnistes-de-reagan-ont-precipite-le-declin-de-detroit-975984
et Bush:
https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/03/10/en-2002-les-etats-unis-avaient-deja-surtaxe-les-importations-d-acier_5268803_3234.html
sans compter le protectionnisme déguisé des aides à la mise au point de la voiture à hydrogene (Bush) , des milliards de $ partis en fumée (en vapeur?)
Les Etats Unis sont un grand pays unifié et capitaliste, mais pas si libéral que cela. Sans compter le small business act (une force! mais qui a un prix) https://fr.wikipedia.org/wiki/Small_Business_Act. L’europe est sans aucun doute plus libérale et un peu moins capitalistique, mais surtout très désunie
Intéressant @amiral_sub et très juste sur la conclusion…
Le meilleur doit être certainement un compromis entre les deux !? … Un équilibre.
pendant que Reagan faisait de la protection pour ses constructeurs américains, que faisons nous en Europe au même moment contre le péril jaune (japonais) : la mise en place des quotas. C’était le contexte de cette époque. Et cette mesure, un autre président aurait pris la même décision, qu’il soit de droite ou de gauche, qu’il soit démocrate ou républicain
De Reagan, tu ne retiens que cela. Mais au temps de Reagan, les entreprises américaines avaient déjà pris le chemin de la délocalisation ou directement s’installer dans les pays en voie de développement. Le développement des Dragons asiatiques, ce n’était surement pas avec les entreprises françaises…. Et grâce à cet avantage compétitif, les produits de marques américaines ont pu plus facilement conquérir le monde (ex: Nike vs Adidas où Bernard Tapie faisait fermer une usine en France au début des années 90).
Oui, il y a des clivages gauche/droite, démocrate/républicain. Mais ce n’est pas aussi stéréotypé. Par exemple, on pense que les démocrates seraient plus soucieux de l’environnement, mais c’est quand même Obama qui avait autorisé l’exploitation du pétrole de schiste, alors qu’on associe plutôt son image avec le refus de l’oléoduc depuis le Canada… Ou encore le charbon, c’est caca (bilan CO2), mais c’est sous Trump que les centrales au charbon ont le plus fermé (même si Trump n’y est pour rien)
je suis tout à fait d’accord. Je ne faisais que rappeler que le protectionnisme (tant vanté en France et sur ce site) est aux USA plutôt républicain, et que le protectionnisme mène à la ruine malheureusement (les 2 articles l’expliquent très bien). L’europe a mis en place dans les années 90 des quotas de voitures japonaises (et a un parallèle favorisé le diesel), ça a couté très cher pour un bilan très mitigé.
Non, historiquement les Républicains sont pour le libre echange.
non, revoyez vos lectures https://www.lepoint.fr/monde/avant-trump-une-longue-lignee-de-protectionnistes-26-01-2017-2100245_24.php
Retirer la plainte contre la Californie se fera sans soucis mais en ce qui concerne l’extension des aides à l’achat des VE et des infrastructures, Biden sera coincé si les démocrates ne gagnent pas les deux élections sénatoriales (un grand chelem est obligatoire) du 5 janvier, sauf s’il arrive à convaincre quelques républicains proches du centre comme Susan Collins.
Bref, tout l’inverse de ce qu’a fait Trump, quoi !
ben c’est un peu le principe de l’alternance politique. Je lis tout de même que Biden respectera et appliquera l’accord Canada-USA-Mexique