La demande a été faite auprès du Tribunal de Commerce de Lyon. Concrètement, le cours de bourse de Navya est trop bas pour pouvoir dégager des obligations convertibles et visiblement aucune discussion avec un organisme financier ou des investisseurs n’a pu aboutir.
Compte tenu de l’évolution de son cours de bourse et de la liquidité des actions sur le marché, Navya n’était plus en mesure d’émettre de nouvelles tranches d’OCABSA d’un montant suffisant lui permettant de couvrir l’ensemble de ses besoins de trésorerie. Par ailleurs, toutes les tentatives d’adossements auprès d’investisseurs ont échoué.
La cessation de paiement est constituée vu que le passif exigible qui n’est plus couvert par des ressources disponibles suffisantes. Placée en redressement judiciaire, la société va pouvoir souffler un peu et surtout explorer toutes les solutions pour se sortir de l’ornière financière. Navya ne s’interdit rien puisque le communiqué officiel évoque tant un plan de continuation qu’un plan de cession.
Un cours de bourse à 3 centimes d’euros
Désormais, Navya va attendre la décision du Tribunal de Commerce de Lyon sur sa demande d’ouverture de redressement judiciaire. L’audience se tiendra le 31 janvier 2023, dans une semaine. Dans le même temps, Navya a demandé à Euronext de suspendre le cours de bourse de son action.
En juillet 2018, Navya fêtait son introduction en bourse (IPO) avec un prix de l’action à 7 €. Lors de la demande de suspension de cotation, l’action valait 0,03 €. L’ex-pépite de la « French Tech » a perdu de sa brilliance.
Notre avis, par leblogauto.com
Le véhicule autonome a connu un énorme engouement il y a plusieurs années. L’industrie automobile a massivement investi dans ce domaine, nouant des partenariats avec certains spécialistes du secteur. Plusieurs années après, le véhicule totalement autonome existe, mais cette industrie – comme à chaque fois dans l’histoire – va devoir se restructurer et il y aura sans doute de la casse.
Navya a prouvé posséder le savoir-faire et la technologie. Nul doute que si un plan de continuation ne peut être trouvé, il y aura repreneur. Reste à voir ce qu’il adviendra des emplois, comme à chaque fois. Il y a quelques jours, Navya et Bolloré annonçaient que les premiers bus autonomisés (Bluebus Autonom) allaient passer en tests grandeur nature.
A propos de Navya
Navya a été créé en 2014. Il est un leader français de la mobilité autonome, et des services dans cet écosystème. La société compte 280 collaborateurs répartis sur plusieurs sites en France (Lyon et Paris), mais aussi aux USA (dans le Michigan), ainsi qu’à Singapour.
Historiquement première société à avoir mis en service des solutions de mobilité autonome en 2015, Navya veut devenir la référence de la conduite autonome niveau 4 (la machine prend totalement le contrôle dans certains environnement).
200 « Autonom Shuttle » ont été mis en service dans le monde. Navya produit aussi le « Tracteur Autonom » pour le transport de biens.
Pour avoir côtoyer leur première navette autonome en circuit fermé (site industriel), j’avoue que l’enthousiasme est vite retombé.
Et que les problèmes rencontrés n’ont pas été réglés suffisamment rapidement pour retrouver la confiance. Dommage
Encore un attrape pigeons avec un PDG charismatique qui s’est fait de la pub et a mené grand train sur le dos du petit porteur. On dit « jouer en bourse » mais il y a toujours des joueurs plus avisés que les autres.