Bientôt Williams-Porsche en F1 ?

Selon Auto-motor-und-sport (AMUS), Mohammed Ben Sulayem, Président de la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), aurait déclaré après une réunion du Conseil mondial le 19 octobre denier : « Nous notons également que Porsche est toujours en pourparlers avec les équipes de Formule 1 ».

Il y a quelques temps, Porsche et Red Bull avaient annoncé leurs fiançailles. Mais, peu après, la rupture était consommée. Pourquoi ? Car visiblement Porsche voulait prendre 50% de l’écurie alors que Red Bull n’offrait que 50% de Red Bull Powertrains, le département motorisation créé pour assembler des Honda (ce qu’il ne sera finalement pas fait).

Ici, ce serait Williams qui serait alors la mariée de secours. Aston Martin a été un temps au coeur de rumeurs, vite balayées. Il faut dire que les écuries à racheter ne sont pas légion. Il y avait bien Sauber, mais la soeur Audi vient de confirmer son mariage avec l’écurie Suisse. McLaren n’est pas à marier et Haas ne semble pas assez appétissante. Haas n’a pas de soufflerie, sous-traite son châssis chez Dallara et achète un paquet de pièces chez Ferrari.

Bref, faute de grives on mange des merles ! Mais, ces discussions ne sont pas prêtes d’aboutir selon nous. En effet, Williams manque d’un investissement conséquent. Avant le rachat par Dorilton Capital, les Williams avaient du mal à boucler les budgets et ont dû cesser d’investir dans l’usine de Grove. L’investissement a repris, mais le chemin est encore long. Surtout qu’avec le « budget cap », cela impose de faire des choix entre le matériel ou le personnel.

Plusieurs solutions, aucune satisfaisante visiblement

Porsche en F1, cela pourrait se faire en reprenant le moteur Audi. Après tout, c’est le même groupe. Mais, pour une question d’image, cela pourrait poser problème. 2026 (introduction d’une nouvelle réglementation moteur) c’est demain. Il faut s’impliquer dès à présent pour être prêt à l’heure. Si on rate le coche, cela prend encore plus de temps pour rattraper le retard, et énormément d’argent. L’exemple Honda est là pour le montrer. Le constructeur japonais a raté le départ de la règlementation 2014, et a connu des années horribles avant d’investir énormément et de trouver une solution moteur acceptable. D’ailleurs, après avoir annoncé son départ, Honda reste finalement en F1…

Alors quelle sont les solutions pour Porsche pour arriver en F1 ? La marque pourrait décider de lancer sa propre écurie. Mais, outre un chèque de 200 millions de dollars pour rentrer dans le cercle des écuries, il y a toute une structure à créer. Cela demande énormément de temps et d’argent. Surtout qu’en plus des murs, Porsche n’a pas les ingénieurs. On ne prend pas un ingénieur endurance pour en faire un ingénieur F1. Il faudrait donc débaucher chez les autres, avec le surcoût que cela engendre.

Cela renforce d’autant plus la rumeur Williams. Mais, l’écurie est en Angleterre (comme Brackley pour Mercedes après tout) et ce serait mal vu en Allemagne pour une écurie moitié-Allemande. Cela demanderait un énorme investissement avec aucune assurance de bien figurer dès 2026. Tout est un souci de budget en fait. Le WEC avec l’IMSA et l’équivalence LMH et LMDh a bien joué en faisant drastiquement baisser les budgets. Reprendre un châssis homologué, une partie hybride commune, et coller un look Porsche et un moteur thermique Porsche suffit visiblement au bonheur du constructeur.

Pas de Porsche en F1 finalement ?

Un élément de dernière minute pourrait-il rebattre les cartes ? La mort de Dieter Mateschitz, patron de Red Bull, va peut-être faire qu’AlphaTauri sera plus « mariable » qu’avant. Sauf si tout a été prévu de son vivant pour que les investissements continuent et qu’AlphaTauri reste à la fois une pouponnière pour pilotes et écurie bis pour les solutions techniques.

Alors l’arrivée de Porsche en F1 ? Au final on y croit moyennement. Avec Red Bull tout semblait être aligné et prêt. Mais les prétentions de Porsche ont tout fait capoter. Porsche, par le passé, a plusieurs fois annoncé envisager un retour en F1 sans jamais franchir le pas. Déjà lors des discussions de la motorisation 2014, Porsche était impliqué. Au final ? Pas de Porsche en F1. Pourquoi cela changerait maintenant ? Tant que Porsche ne se lance pas, ils gardent une certaine aura. S’ils se lancent et se ratent, en termes d’image cela sera très mauvais.

(3 commentaires)

  1. On y croit moyen…
    En s’associant avec RedBull, Porsche n’avait concrètement « rien à faire », le staff, les bâtiments, l’expérience, la fabrication… Tout est fourni par RedBull. En gros Porsche rebadge un moteur RedBull (exactement l’inverse des années 80 ou Porsche a conçu et fabriqué le moteur badgé TAG)
    Avoir un autre partenaire, c’est devoir tout créer ex nihilo, et ça Porsche ne l’avait pas prévu, ce n’est pas la même démarche, pas le même budget, pas la même charge de travail…

  2. À titre personnel, je préfère voir Porsche en Endurance plutôt qu’en F-1. La concurrence sera plus féroce dans le futur en WEC qu’en F-1 où trois équipes archi-dominent depuis plus d’une décennie. Il sera intéressant de voir ce que Sauber et Audi pourront faire à partir de 2026… Avoir Audi et Porsche en F-1 n’a pas beaucoup de sens…

  3. Il y a aussi l’option Andretti, qui ne lâche pas le morceau et continue de travailler en vue d’y arriver un jour.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *