Comme en F1, où plusieurs manches historiques comme Monza sont sur la sellette, le WRC veut concilier les impératifs économiques, une congestion du calendrier – il n’y aura pas de place pour tous- et les demandes des équipes, qui ne souhaitent pas un championnat à rallonge.
La Corse, basta ?
Les négociations entre la FIA et les promoteurs ont débuté ces derniers temps et cela achoppe sévèrement pour la Corse. En dépit de son succès sportif et populaire, en clair, c’est sur le continent que les instances souhaitent voir se dérouler le rallye de France, plus pour des raisons économiques d’ailleurs que pour l’intérêt sportif. Olivier Ciesla, le promoteur du WRC, l’a exprimé récemment :
« Un événement se déroulant en France sur le continent, ce serait probablement le plus important rallye au monde (…) Je pense que nous pouvons tous reconnaître que cela n’est pas possible sur une île, aussi belle soit-elle (…) Cet événement (Tour de Corse, ndlr) rapportait neuf millions d’euros à l’économie locale. Mais d’autres événements disposant d’une économie plus faible que celle de la France parviennent à générer 50 millions d’euros «
De son côté, Dominique Serieys, directeur général, explique que les choses ne sont pas si simples : « Il est impossible de partir. Nous saurons dans trois mois quel est le calendrier. Si nous y sommes déjà inscrits, cela nous donne neuf mois avant le prochain rallye (…)ce qui est impossible dans un nouvel endroit. Nous voulons rester en Corse et demandons un accord minimal pour les trois prochaines années. »
Nicolas Déschaux, le président de la FFSA, réclame au WRC une « visibilité sur plusieurs années » et défend la Corse : « Je pense que la Corse est une épreuve qui compte dans le visage du WRC, de par sa signature sportive, son histoire, l’engouement de la population,des choses assez simples comme son nombre d’engagés, qui est le plus fort du championnat ».
Le rallye de France est donc de nouveau en suspens, alors que des destinations exotiques frappent à la porte avec des arguments financiers indéniables.
Deux pays dans les starting-blocks
Pendant ce temps, le Japon et le Kenya sont les candidats les plus avancés pour faire leur retour au calendrier, dès 2020.
En marge du festival Motorsport Japan à Tokyo, des détails ont été dévoilés sur l’épreuve-test qui permettra de valider l’entrée du pays du soleil levant au calendrier. Le rallye Central Rally Aichi se déroulera les 9 et 10 novembre avec un parc d’assistance à l’est de Nagoya. L’événement aura lieu une semaine avant le Rallye d’Australie pour faciliter la logistique et permettre les inspections. Le Japon a déjà accueilli une manche du WRC entre 2004 et 2008 puis en 2010 (victoire de Loeb), mais n’a pas laissé de souvenirs impérissables.
Du côté Kényan, c’est du 5 au 7 juillet prochains qu’aura lieu l’épreuve candidate prévue dans les régions de Nairobi et Nakuru. Michèle Mouton a récemment parcouru l’ensemble des spéciales pour évaluer les dispositifs de sécurité. Ce serait le retour d’une épreuve historique de légende, qui s’appelait auparavant Rallye Safari et qui fut présente au calendrier du WRC entre 1973 et 2002 (dernier vainqueur : Colin McRae).
L’avis de leblogauto.com
Les déclarations à propos de la Corse montrent bien, à l’instar de la F1, que les enjeux économiques prévalent sur les aspects purement sportifs et « patrimoniaux ». Le WRC, très européano-centré, cherche à se mondialiser et pourrait se laisser bercer par les sirènes de l’exotisme, au risque de perdre son public historique.
Le retour du Japon est probable, peut-être pour attirer d’autres constructeurs nippons mais surtout palier l’absence du WRC dans la zone est-asiatique, depuis la fin du rallye de Chine. Le Kenya aurait aussi le mérite de replacer l’Afrique dans le sport automobile mondial, comme à la grande époque des années 80/début 90 (le continent avait le Safari, le GP de Kyalami en Afrique du Sud et le Dakar), mais reste à évaluer la faisabilité d’un tel évènement dans un pays au demeurant fragile et potentiellement instable.
Sources : WRC, Rallysport, Corse-matin
Le tour de Corse est une épreuve emblématique du championnat du monde.
Tellement emblématique que la FFSA n’a pas hésité à le sacrifier pour l’Alsace durant des années (Loeb oblige).
Les écuries visiblement se fichent des rallyes historiques…du moment qu’un promoteur les « aident », ils sont prêts à aller courir au Pétaouchnokistan…
En même temps c’est pas le public qui paye
Non c’est vrai le public ne consomme rien, ne dort pas, ne va pas dans le « village » acheter des tas de trucs, etc.
L’Alsace avait fait faire une étude sur l’impact à court terme du rallye (2011).
18,7 millions d’euros dépensés en Alsace par les 135 000 spectateurs hors région (qui auraient sans doute dépensé).
Le rallye avait un budget de 3,5 millions d’euros dont 1,3 auprès de fournisseurs alsaciens (traiteurs, sécurité, logistique, etc.).
Et tout cela sans compter les impacts à moyen et long terme (publicité, tourisme, etc.).
La FIA le sait et c’est entre autre pour cela qu’ils vont mettre en compétition les promoteurs de rallye pour tenter de faire comme la F1….engranger plus d’argent à redistribuer aux top teams et pérenniser leur présence.
De plus, dans plein de pays les spectateurs paient pour accéder au rallye 😉
Le rallye japonais à Aichi, c’est dans l’arrière-cour de Toyota. Jusque là on courait à Hokkaido… De même que Honda paye pour le Grand Prix de Suzuka, cette fois c’est Toyota qui sort le carnet de chèques pour avoir le WRC dans la cour de l’usine. Un peu comme si le Rallye de France avait lieu à Satori. Pourquoi pas après tout.
la ffsa et des equipes wrc on fait ces derniers temps des essais au rallye du var !!! a reflechir
Le rallye de Monte Carlo n est-il pas déjà le rallye de France !? Pourquoi 2 manches du championnat uniquement en France ?